La lettre du Sanctuaire de août

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« Vivit Christus » une nouvelle lettre du Pape François

Le carême est un temps bien connu : quarante jours qui nous conduisent à Pâques ; quarante jours avec le Christ au désert pour être avec Lui victorieux du péché et de la mort. Le Carême en été, voilà bien une nouvelle invention susceptible de venir troubler le repos et la douceur des vacances pourtant si rudes à préserver, direz-vous avec quelque agacement…

Cependant, si carême signifie quarante jours, alors il y a bien un carême en été et il commence le 6 août, fête de la Transfiguration, pour s’achever le 14 septembre, fête de la Croix glorieuse. Vérifiez, le compte y est !

D’emblée vous voyez le lien avec notre « grand carême », non pas tant par la durée de quarante jours que par la thématique spirituelle sous-jacente : il s’agit de se préparer à reconnaître et à célébrer le salut par la croix en partant d’un regard sur la gloire du Christ manifestée à la Transfiguration, que ce soit à la fête du 6 août ou avec l’évangile de la Transfiguration proclamé le deuxième dimanche de carême.

Quarante, c’est la durée symbolique en jours ou années, dans la Bible et la liturgie pour s’ouvrir au don de Dieu, pour vivre une maturation susceptible de nous élever à une intelligence du mystère. De fait, nous avons besoin de temps et d’un approfondissement spirituel pour regarder la croix et y reconnaître non plus un terrible instrument de mort mais le bois de l’arbre de vie ; non plus l’instrument du supplice et de l’humiliation du Christ mais celui de son triomphe et de sa gloire.

Le titre même de la fête de la Croix glorieuse (le 14 septembre) ne manquerait pas de paraître paradoxal sinon insupportable si l’on n’avait pas longuement médité auparavant, pendant quarante jours, la manifestation inoubliable du Thabor où le Christ révèle sa gloire à ses disciples au moment même où il leur annonce sa mort prochaine (cf Luc, 9, 28-36).

Quelques artistes inspirés qui ont sans doute profondément médité ce mystère de la croix, nous invitent à entrer plus avant dans ce regard sur la gloire du crucifié ; j’en évoquerai deux :

Dans la mosaïque de l’abside de la basilique Saint Apollinaire in classe à Ravenne (6 ème siècle), l’artiste a représenté la Transfiguration de façon symbolique (cf ci-dessus). Seul le visage du Christ est figuré au centre d’une grande croix ornée de pierreries et se déployant sur un ciel étoilé, figurant le Royaume. Ici, c’est la croix elle-même qui manifeste la gloire du Christ transfiguré : point de sang, point de supplice mais le Christ trônant en sauveur sur cette croix glorieuse entouré par Moïse et Elie.

Au treizième siècle, à Bourges, un verrier évoque le jugement dernier, dans une des baies de la chapelle axiale du choeur de la cathédrale. Au centre du vitrail, le Christ siège sur un arc en ciel, les bras étendus dans la position de l’orant. De ses mains, de ses pieds et de son côté, stigmates de sa passion, jaillit du sang qui se transforme en autant d’étoiles dans le ciel : la passion et la croix du Christ sont devenus comme les insignes de l’amour sauveur du Christ victorieux (cf. ci-dessous) !

Vive ce carême d’été qui renouvelle notre regard sur la croix et nous apprend à y reconnaître le triomphe du Christ.

Patrick Le Gal

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