La lettre du Sanctuaire de mars

Prier

PETITS CONSEILS POUR ENTRER DE FAÇON VALEUREUSE DANS LE CARÊME

Nombre de personnes spirituellement bien disposées entrevoient l’entrée en carême comme l’heureuse occasion –source d’espérance pense-t-on- de pratiquer une généreuse ascèse et de se débarrasser enfin de telle ou telle médiocrité de leur vie qui les afflige. Las, l’intention était droite mais sa
mise en oeuvre plus laborieuse : les semaines ont passé, les Rameaux sont arrivés sans que l’on soit vraiment entré en matière : désolation, reproches et amertume !
Voici donc trois petits conseils pour ne plus retomber dans la peine.


1- D’emblée prenons de la hauteur et considérons à quoi le Seigneur nous appelle plutôt que de barguigner quelque petite privation de façon précautionneuse. Le grand Saint Paul le rappelait avec force aux chrétiens d’Ephèse : « Dès avant la création du monde, Dieu vous a choisi pour que vous soyez saints et immaculés dans l’amour » (Eph 1, 4). Et, ce que Paul, jadis, disait aux Ephésiens, Dieu veut le rappeler aussi aux lyonnais du XXIème siècle ! Voilà notre vocation, ineffable prévenance de l’amour divin ; aspirons à y répondre. Notre carême, c’est le temps providentiel pour faire ainsi mémoire de la grâce de notre baptême, en mesurer toute la dynamique ; la joie qui en découle sera le moteur de notre conversion. Je vois cependant se lever des objections : la sainteté, la perfection, certes direz-vous, mais pas pour nous. Le pape François avait bien anticipé une telle réaction ; relire ses réponses dans son exhortation sur la sainteté chrétienne (La joie et l’allégresse, excellent titre pour préluder au carême) suffira à nous convaincre.


2- Le discernement : le pape François insiste beaucoup dans le dernier chapitre de son exhortation sur la sainteté chrétienne, sur le discernement dans les moments extraordinaires mais aussi dans le quotidien. L’entrée en carême, à défaut d’être un temps extraordinaire, est déjà plus que le simple quotidien.
D’une manière particulière en ce moment-là, nous avons besoin de discerner la volonté de Dieu : le discernement –dit le Pape – « c’est un instrument de lutte pour mieux suivre le Seigneur (…) nous en avons besoin pour ne pas gaspiller les inspirations du Seigneur, pour ne pas laisser passer son invitation à grandir ». Et le Pape de poursuivre : « Je demande donc à tous les chrétiens de faire chaque jour, en dialogue avec le
Seigneur qui nous aime, un sincère examen de conscience » (La joie et l’Allégresse n° 169). Sans doute cela est-il particulièrement justifié au seuil du carême. Pour beaucoup cet effort de discernement pourra judicieusement se conjuguer avec la réception du sacrement de la pénitence pour allier discernement, conseil spirituel et grâce du sacrement.


3- Un peu de pédagogie enfin pour déterminer un chemin concret de conversion à la faveur de nos 40 jours de carême avec le Christ au désert : pas de conversion sans un empressement du cœur sans une vraie générosité (relisons là-dessus, Thérèse de Lisieux ).
Cette générosité n’est toutefois pas appelée à s’exprimer dans un ordre quantitatif en ajoutant à l’infini des efforts, des privations ou des exercices de piété mais bien en laissant l’Esprit Saint nous permettre de discerner le point où le Seigneur nous invite d’abord à nous convertir dans l’ordre de la justice et de la charité, de la prière ou de la maîtrise de nous-mêmes. Ce
n’est pas dans la témérité et la rudesse de la volonté que nous pourrons avancer mais dans la douceur et l’humilité à la suite du Christ.


Choisissons donc un chemin de conversion, prenons une décision à tenir résolument – deux ce serait déjà beaucoup et peut être même trop ; qu’elle soit modeste, c’est-à-dire procédant d’un coeur humble et qu’elle soit précise, c’est-à-dire possible et vérifiable quant à son accomplissement

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Patrick Le Gal

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